Quand les vautours du CPT veulent piller les caisses de l’État au soir de leur mandat, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a fermé la vanne

Port-au-Prince — La crise politique qui secoue le sommet de l’État haïtien dépasse désormais le simple désaccord institutionnel. Elle met à nu une bataille brutale autour du contrôle des ressources publiques, du pouvoir décisionnel et de l’orientation de la transition. Au cœur de cette tempête, un constat s’impose : tandis que certains conseillers-présidents s’activaient à vider les caisses de l’État avant la fin de leur mandat, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a opposé un refus net et a fermé la vanne.

Le projet de résolution porté par cinq conseillers-présidents dont Louis Gérald Gilles et Smith Augustin visant à révoquer le chef du gouvernement a agi comme un révélateur. Derrière l’argumentaire juridique et les discours sur la « souveraineté », se dessine une réalité plus crue : une tentative de reprise en main de l’appareil d’État à l’approche de la fin du mandat du Conseil présidentiel de transition.

Ces cinq votes ne traduisent pas une vision de gouvernance, mais une manœuvre de survie politique. À quelques jours de la fin de leur mandat le 7 février 2026, Louis Gérald Gilles cherchent à contrôler la Primature à travers Le ministre des finances Alfred Fils Métellus (qu’il arrive à manipuler) pour verrouiller les décisions financières, sécuriser des intérêts particuliers et maintenir l’accès aux ressources publiques. C’est cette logique de prédation qui alimente aujourd’hui la crise.

Les accusations de détournement de fonds, de projets fictifs et de marchandage politique jettent une lumière crue sur les véritables enjeux. Dans un État fragilisé, où chaque gourde compte pour la sécurité, l’aide sociale et l’organisation des élections, l’utilisation de l’argent public comme instrument de déstabilisation politique constitue une ligne rouge.

En refusant de céder, Alix Didier Fils-Aimé coupe court à cette dynamique. En clair, il empêche que la fin de mandat de certains conseillers-présidents ne se transforme en vaste opération de pillage institutionnel. La « vanne » est fermée : pas de décaissements opaques, pas de projets bidon, pas de signatures achetées.

Face à cette tentative de passage en force, la réaction de l’international est sans équivoque. Les partenaires d’Haïti prennent position, non pas par ingérence, mais par souci de stabilité.Les États-Unis et le Canada, en particulier, affichent un soutien clair au maintien du gouvernement, à la continuité de l’action publique et aux avancées sécuritaires significatives enregistrées contre les gangs armés ces dernières semaines. La police, depuis trois mois, passe à l’offensive sur plusieurs fronts, notamment dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince, à Bel-Air, Delmas 2, La Saline, l’Arcahaie, entre autres, ainsi que dans le Nord du pays. La semaine dernière, le directeur général a.i. de la Police nationale d’Haïti, Vladimir Paraison, a annoncé la réouverture de la route nationale numéro 1 reliant le Grand Nord, ainsi que de la route nationale numéro 2 reliant le Grand Sud. Selon les autorités, le pays sera progressivement rouvert sous peu.

Les sanctions américaines imposées à deux conseillers-présidents accusés de financer les gangs armés constituent un tournant. Pour Washington, il n’est plus question de fermer les yeux sur les liens troubles entre certains acteurs politiques, la corruption et l’insécurité. Ces sanctions envoient un message direct : la transition n’est pas un espace d’impunité.

Ce qui se joue dépasse la Primature. La tentative de renversement du Premier ministre intervient au moment précis où l’État intensifie la lutte contre les gangs, renforce la PNH, mobilise les Forces armées d’Haïti et cherche à reprendre le contrôle du territoire. Déstabiliser le gouvernement à cet instant revient, de facto, à fragiliser la réponse sécuritaire.

C’est cette contradiction que l’international pointe du doigt : on ne peut pas, d’un côté, réclamer la sécurité et, de l’autre, soutenir des manœuvres politiques qui affaiblissent la chaîne de commandement et profitent objectivement aux groupes armés.

Une bataille entre deux logiques

D’un côté, une logique de fin de règne : accumuler, bloquer, négocier, retarder, piller avant de partir. De l’autre, une logique de continuité de l’État : sécuriser le pays, stabiliser les institutions, organiser les élections, restaurer un minimum de confiance envers l’État haïtien qui, trop longtemps, n’inspire plus aucune crédibilité au peuple haïtien, redonner à la population sa dignité et sa libre circulation, et permettre à la diaspora de revenir, d’investir, de circuler et de participer pleinement à la reconstruction nationale.

En maintenant le cap, Alix Didier Fils-Aimé se positionne comme un verrou institutionnel. Il empêche que la transition ne se transforme en foire d’empoigne financière et politique. Cette posture lui vaut des attaques, mais aussi un appui international de plus en plus explicite.

Cette séquence révèle une vérité dérangeante : la plus grande menace pour l’État haïtien ne vient pas uniquement des gangs armés, mais aussi de l’intérieur, lorsque des responsables utilisent leur position pour assécher les ressources publiques et saboter la gouvernance.

À l’heure où le pays a besoin de stabilité, de sécurité et d’élections crédibles, la tentative de coup institutionnel menée par cinq conseillers-présidents apparaît pour ce qu’elle est : une fuite en avant, une dernière tentative de pillage des ressources de l’État. Et face à ces vautours de fin de mandat, le chef du gouvernement choisit la rupture.

La vanne est fermée. L’État, pour une fois, résiste.

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