Port-au-Prince — Nouveau signal fort en provenance de Washington. Le secrétaire d’État américain Marco Rubio s’est entretenu ce vendredi avec le Premier ministre haïtien Alix Fils-Aimé, dans un contexte politique tendu marqué par des manœuvres de recomposition au sommet de l’État et une pression internationale grandissante autour de la transition.
Selon une note officielle du Département d’État, cet échange visait à réaffirmer le soutien des États-Unis à la stabilité et à la sécurité d’Haïti, tout en consolidant l’axe prioritaire de l’administration américaine : la lutte contre les gangs armés et le rétablissement de l’ordre public.
D’après le communiqué, Marco Rubio a insisté sur le rôle central du Premier ministre Alix Fils-Aimé dans la stratégie de stabilisation en cours. Le chef de la diplomatie américaine estime que la continuité de son mandat demeure un élément clé pour intensifier les efforts contre les groupes criminels, qualifiés de « gangs terroristes », et freiner la spirale de violence qui étouffe le pays.
Le Département d’État souligne également que la violence actuelle ne pourra être contenue qu’à travers un leadership solide, cohérent et constant, appuyé par l’adhésion pleine et entière du peuple haïtien. Un message qui sonne comme un avertissement à ceux qui, selon Washington, tentent d’affaiblir l’exécutif au moment même où les opérations sécuritaires prennent de l’ampleur.
Dans cette même déclaration, Marco Rubio va plus loin en évoquant directement l’avenir du Conseil présidentiel de transition (CPT). Il rappelle que cette structure doit être dissoute d’ici le 7 février, et que le processus vers un pouvoir élu ne doit pas être perturbé par des « acteurs corrompus » cherchant à interférer dans la trajectoire institutionnelle d’Haïti pour des intérêts personnels.
Washington fixe ainsi une ligne claire : la transition doit rester orientée vers l’objectif électoral et la restauration de l’autorité publique, sans calculs politiciens ni arrangements opportunistes.
Enfin, le message américain se veut dissuasif. Le Département d’État affirme que les États-Unis veilleront à ce que les politiciens corrompus qui soutiennent des groupes armés et contribuent à semer la terreur en Haïti en subissent les conséquences. Une formule lourde de sens, qui renforce l’hypothèse de mesures ciblées, notamment des sanctions ou restrictions, contre ceux accusés d’entretenir l’instabilité.
Cette nouvelle sortie officielle confirme le durcissement du ton américain et place le gouvernement haïtien au cœur de la stratégie de stabilisation défendue par Washington, à l’approche d’une date charnière pour l’avenir de la transition.

